Un double Everesting sur les pentes de la Bonette

Je répète souvent que j’aime donner du sens à chacun de mes coups de pédales en me lançant régulièrement dans des challenges quelque peu hors norme afin de défendre des causes qui me tiennent à cœur. Loin d’être un authentique grimpeur, je voue une certaine attirance pour la montagne et un attachement tout particulier à la Bonette.

En cette fin de printemps 2022, alors que les cimes du Mercantour ont très tôt vu disparaître le faible manteau neigeux d’un hiver pauvre en précipitations, j’aurai pu me réjouir à l’idée de pouvoir, beaucoup plus tôt que d’habitude, retrouver ces pentes qui me sont si chères. Non, bien au contraire. C’est plutôt l’amer constat des conséquences d’un changement du climat amorcé depuis des années qui m’a amené à me mobiliser pour sensibiliser toutes celles et ceux qui, comme moi, trouvent en montagne un formidable terrain de jeu. Un terrain de jeu qui, face aux menaces du réchauffement climatique auxquelles il est exposé nous amène à un changement de braquet quitte à devoir sortir parfois de notre zone confort comme je devrai nécessairement le faire pour espérer réussir ce défi que je prévois de réaliser en juillet prochain sur les pentes de la Bonette.

Un défi à la hauteur de l’urgence à agir

Ce défi cycliste hors norme est à la hauteur des menaces qui pèsent sur le milieu montagnard tout particulièrement et de l’urgence à agir collectivement pour échapper aux pires scénarii.

Atteindre 2 fois l’équivalent de l’Everest en dénivelé positif cumulé nécessite de grimper 11 fois la Bonette depuis Jausiers jusqu’à sa cime. Cela correspond à un double Everesting Challenge à effectuer dans un délai de 36 heures, soit 510 km pour 17 696 m d’ascension.

Le départ est prévu le vendredi 15 juillet 2022 à 20h depuis la mairie de Jausiers. Une pause de 30 minutes à 1 heure est prévue toutes les 3 ascensions au camp de base situé à la sortie de Jausiers chez mon ami Alain Bellagamba. Les cyclistes souhaitant effectuer une ou plusieurs ascensions sont les bienvenus pour me soutenir et m’encourager dans ce défi de taille.

Un défi pour la montagne

On ne répètera jamais assez que le changement climatique est un enjeu majeur des années à venir et un véritable défi pour la montagne particulièrement exposée aux conséquences du réchauffement du climat. Le dernier rapport du GIEC est sans appel : la hausse des températures que l’on observe depuis plusieurs dizaines d’années se poursuit et s’accélère avec des conséquences négatives pour les milieux naturels comme pour les populations.

Avec une hausse d’1,5°C de la température mondiale, la montagne est durement touchée et les régions dépendantes de l’eau des glaciers et de la fonte des neiges pour l’irrigation vont devoir faire face à une ressource en eau irrégulière ayant des répercussions négatives et des effets en cascade jusqu’en plaine.
Si le manque d’enneigement menace l’activité touristique hivernale, les vagues de chaleur, les incendies, les éboulements liés à la sécheresse ne sont pas sans conséquence non plus l’activité touristique estivale.

Source : Source : données ORCAE – 2021 – Auvergne Rhône Alpes Energie Environement

Le dernier rapport du GIEC souligne que les efforts actuels d’adaptation sont insuffisants pour faire face aux risques futurs dans les zones de montagne. Les observations montrent que les actions mises en œuvre ne répondent pas suffisamment aux enjeux et font face à des obstacles liés à l’acceptabilité sociale et économique de certaines mesures de transition et d’adaptation.

Mon action se veut symbolique et avant tout citoyenne et responsable. Elle n’est ni militante ni politiquement engagée. Elle est porteuse d’un message d’alerte et une invitation à mesurer les conséquences de l’accumulation de décennies d’insouciance vis à vis de l’impact de nos comportements sur le climat et l’environnement. Je n’ai pas la prétention d’être un donneur de leçon ni d’être irréprochable. J’espère seulement et modestement participer à une prise de conscience collective devenue indispensable et urgente.

Le défi en chiffres

Faut-il encore présenter la Bonette ? Cette cime dénuée de végétation qui domine les vallées de la Tinée et de l’Ubaye a longtemps été considérée comme la plus haute route d’Europe. Chacun sait que c’est le pico Veleta en Espagne qui lui a volé la vedette avec ses 3 398 mètres d’altitude. Qu’importe, la Bonette demeure une ascension à nulle autre pareille qui nous permet de nous hisser jusqu’à 2802 m dans un décor exceptionnel et unique.

Effectuer un double Everesting en ces hauts lieux n’est pas gagné d’avance tant le défi est de taille de par l’altitude, la longueur de l’ascension, les variations de température entre le pied et le sommet.

Je vais m’attaquer à une montagne, au propre comme au figuré.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 1216 m : Jausiers
  • 2802 m : Cime de la Bonette
  • 1586 m : dénivelé positif
  • 23,2 km : longueur de l’ascension
  • 7% : pourcentage moyen
  • 10% : pourcentage max
  • 8848 m : sommet de l’Everest
  • 17696 m : 2 fois l’Everest
  • 11 : nombre d’ascensions de la Bonette à effectuer
  • 510,4 km : distance totale
  • 36 h : délai max

Rendez-vous le 15 juillet 2022 à partir de 20h devant la mairie de Jausiers pour le début d’une folle aventure. Si vous êtes dans les parages, n’hésitez pas à enfourcher vos vélos pour effectuer une ou plusieurs ascensions avec moi ou tout simplement m’encourager, j’en aurai besoin !

Merci d’avance pour l’intérêt que vous porterez à ce défi symbolique en espérant qu’il éveille en vous une prise de conscience nécessaire à moins que cela soit déjà fait.

A propos du GIEC et du changement climatique

Il existe de très nombreux articles sur le rapport du GIEC et plus particulièrement sur les conséquences du changement climatique en montagne. Je laisse chacun se documenter via son moteur de recherche préféré. Néanmoins, je vous recommande ces 4 articles qui suffisent à prendre la mesure des enjeux et du défi qui est le notre.

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