Cap Nord Nice, le parcours

À quelques jours du départ, le parcours définitif a été envoyé par l’organisateur de la NorthCape Tarifa. Il est découpé en six grandes sections. Six tronçons très différents, qui donnent à cette traversée du Cap Nord à Nice toute sa richesse, mais aussi toute sa difficulté.

Le parcours va aller crescendo. Il commence par l’immensité et l’isolement, se poursuit par de longues sections roulantes, puis se durcit progressivement avant de proposer une dernière partie extrêmement exigeante.

Au total, ce sont plus de 5 000 kilomètres à parcourir, treize pays à traverser, et surtout une aventure à vivre jour après jour, sans jamais perdre de vue l’essentiel : avancer, rester lucides, partager cette route ensemble et solidaire, Benoît et moi pour rejoindre Nice.

Section 1 — Norvège / Finlande

C’est la grande mise en route ! Depuis le Cap Nord, nous descendrons progressivement vers le sud en traversant les paysages immenses du nord de la Norvège puis de la Finlande.

Le profil sera plutôt marqué par de longues routes ondulantes, une succession de faux plats, de bosses et de descentes, dans un environnement très ouvert. La difficulté viendra moins de la pente que de la distance, de l’exposition, du vent, des températures sans doute fraîches et parfois de l’isolement.

Nous devrions y trouver la lumière permanente ou presque, des conditions météo changeantes, de longues portions avec peu d’abris et des distances importantes entre certains points de ravitaillement. Cette section sera probablement autant mentale que physique : il faudra trouver le rythme, préserver le matériel, bien gérer le sommeil en raison de l’absence de nuit.

Section 2 — Estonie / Lettonie / Lituanie

Après la traversée de la Finlande et le ferry pour rejoindre les pays baltes, le décor changera nettement. Cette deuxième section sera beaucoup plus roulante, avec un relief contenu et de longues portions à faible altitude.

Sur le papier, c’est une section favorable pour avancer efficacement. Mais un profil plat n’est jamais synonyme de facilité. Le vent pourra jouer un rôle important, tout comme l’état des routes, la fatigue déjà accumulée et la nécessité de rester concentrés sur de longues lignes droites.

Nous traverserons successivement l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ce sera un moment clé pour consolider notre rythme de croisière. L’objectif sera d’y rouler efficacement, sans excès, en profitant des terrains plus favorables pour économiser de l’énergie.

Section 3 — Pologne

La Pologne constituera une nouvelle longue traversée, globalement roulante elle aussi, mais avec un relief qui se réveille progressivement en fin de section. Le profil laisse apparaître une première partie relativement plate, puis une montée progressive vers des zones plus vallonnées.

Cette section devrait être marquée par de longues distances quotidiennes, une densité urbaine plus importante par endroits, davantage de circulation et une vigilance accrue dans la gestion des traversées de villes ou des axes secondaires.

Physiquement, ce sera une zone charnière. À ce stade, nous aurons déjà plus de 3 000 kilomètres dans les jambes. La régularité, l’alimentation et la récupération resteront les leviers indispensables pour maintenir le cap.

Section 4 — République tchèque

Avec la République tchèque, le parcours change de nature. Cette section est plus courte, mais le relief devient plus présent. Le profil montre une succession de bosses et de vallonnements plus marqués.

Cette section devrait donc être plus exigeante avec moins de longues portions régulières. Le dénivelé positif rapporté à la distance devient significatif. Il faudra accepter de perdre un peu en vitesse moyenne et adapter l’effort. La fatigue pourra rendre ces reliefs intermédiaires particulièrement usants.

Section 5 — Allemagne et Autriche

On retrouve ici une section intermédiaire, avec un profil globalement montant vers le sud. La route s’élève progressivement en direction de la Bavière, avant de rejoindre la zone frontalière avec la Suisse et l’Autriche.

Ce sera probablement une section de transition importante avant l’approche progressive des Alpes. À ce stade, chaque petit détail prendra encore plus d’importance car après plusieurs jours d’effort accumulés, ce sont souvent les sections de transition qui révèlent l’état réel du corps et du mental.

Section 6 — Suisse / Italie / France

La dernière section sera la plus spectaculaire et la plus redoutable.

Le profil parle de lui-même : les grandes ascensions s’enchaînent, avec les cols de l’Oberalp, du Gothard, du Petit Saint Bernard, de l’Izeran, du Galibier et de la Cayolle. Cette dernière partie concentrera une part majeure du dénivelé total.

Nous devrions y rencontrer des conditions très contrastées. Il pourra faire chaud dans les vallées, frais voire froid en altitude, avec des changements météo rapides. Cette section sera celle des longues montées, des descentes techniques, de la fatigue accumulée et probablement des moments les plus intenses du voyage.

C’est aussi là que le parcours prendra tout son sens : revenir en France, retrouver des routes plus familières et basculer progressivement vers la Méditerranée et Nice. Après des milliers de kilomètres, l’arrivée ne sera plus seulement un point sur une carte.