Cap Nord–Nice : un vélo et un équipement pour aller loin !

À l’approche du grand départ, l’équipement est désormais arrêté. Ce n’est pas simplement une liste de composants ou d’accessoires. C’est un ensemble cohérent, construit patiemment, ajusté au fil des essais, des interrogations et des échanges, avec une idée centrale : partir avec du matériel dans lequel j’ai pleinement confiance.

Relier le Cap Nord à Nice en quinze jours impose de faire des choix. Le vélo doit être performant, bien sûr, mais il doit surtout être fiable, confortable, stable et suffisamment simple pour ne jamais devenir un sujet d’inquiétude. Sur une telle distance, le matériel ne doit pas chercher à impressionner. Il doit accompagner l’effort, se faire oublier, permettre d’avancer jour après jour, malgré la fatigue, la météo, les routes imparfaites et les longues heures passées en selle.

C’est dans cet esprit que j’ai construit mon équipement autour d’un équilibre : rendement, confort, autonomie et sérénité.

Le Graxx GTR : une base polyvalente

Le cœur du montage sera un Origine Graxx GTR, équipé en Shimano 105 mécanique 12 vitesses, avec un pédalier 50/34 et une cassette 11/34.

Ce choix s’est imposé naturellement. Le Graxx GTR offre cette polyvalence précieuse entre route endurance et esprit gravel. Il reste suffisamment dynamique pour rouler efficacement sur de longues portions, tout en apportant une stabilité et un confort bienvenus lorsque les kilomètres s’accumulent.

Pour Cap Nord–Nice, je ne cherchais pas un vélo radical, uniquement pensé pour le rendement. Je voulais une machine capable de se faire oublier 300 ou 400 kilomètres. Un vélo rassurant dans les descentes, tolérant sur les chaussées abîmées, stable avec la bagagerie, et suffisamment confortable pour préserver le corps sur la durée.

Le choix du Shimano 105 mécanique répond à la même logique. Il existe plus léger, plus haut de gamme, plus technologique. Mais pour une traversée aussi longue, la simplicité est une vraie force. Une transmission mécanique reste fiable, facile à comprendre, plus facilement réparable, et parfaitement adaptée à une aventure où l’on veut limiter les sources de complications.

Origine, une fidélité de douze ans

Le choix du Graxx ne relève pas seulement de la fiche technique. Il s’inscrit dans une histoire beaucoup plus longue.

Cela fait désormais douze ans que je roule sur des vélos Origine. Une fidélité commencée en 2014 avec mon tout premier Axxome, et qui s’est construite au fil des kilomètres, des aventures, des cols, des brevets, des ultras et des projets parfois un peu déraisonnables.

Avec Origine, la relation a toujours été bien plus qu’une simple relation commerciale. Au fil du temps, j’ai tissé des liens très forts avec la marque, avec celles et ceux qui la font vivre, avec cette manière très directe et très sincère d’aborder le vélo : écouter les pratiquants, comprendre les usages, proposer des machines cohérentes, fiables, personnalisées.

Sans prétention, j’ai aussi le sentiment d’avoir accompagné, à ma manière, une partie de l’ouverture d’Origine vers l’ultra-distance. À travers les différentes aventures sur lesquelles la marque m’a régulièrement soutenu, nous avons partagé une même vision : celle d’un vélo pensé pour aller loin, pour durer, pour affronter la vraie route, pas seulement pour briller sur une fiche technique.

Avec Cap Nord–Nice, cette histoire franchira une nouvelle étape. Et pas seulement symbolique. Cette traversée devrait me permettre de dépasser le cap des 200 000 kilomètres parcourus sur un vélo Origine depuis 2014.

C’est vertigineux. Mais c’est surtout la preuve qu’un vélo n’est jamais seulement un objet technique. Il devient un compagnon de route, une mémoire roulante, une part intime de notre histoire de cycliste.

Pour Cap Nord–Nice, repartir avec un Origine était une évidence parce que ce projet prolonge une fidélité et parce qu’il raconte une confiance construite kilomètre après kilomètre.

Des roues Prymahl Orion Pro 35 : le bon compromis

Pour les roues, on reste chez Origine avec les Prymahl Orion Pro 35. Là encore, le choix est celui de l’équilibre. Avec un profil de 35 mm, elles apportent du rendement sans devenir trop sensibles au vent latéral. C’est un point important sur un itinéraire aussi varié, entre grands espaces nordiques, longues routes exposées, vallées, reliefs alpins et descentes parfois rapides.

Leur poids contenu, autour de 1 336 g la paire, permet de conserver un vélo nerveux, agréable en montée, sans tomber dans du matériel trop exclusif ou trop fragile. La largeur interne de 23 mm correspond bien au montage que j’ai retenu, avec des pneus de 32 mm. Elle permet de bien soutenir le pneu, d’améliorer le confort et de tirer pleinement parti du tubeless.

Ces roues participent à l’équilibre global du vélo : du rendement, de la légèreté, mais aussi de la stabilité et de la confiance.

Pour les pneus, j’ai opté pour des Continental Grand Prix 5000 AllSeason TR en 32 mm.

Ce choix résume bien l’esprit du montage. Le 32 mm apporte du confort, de l’adhérence et de la sécurité, sans renoncer au rendement.

Le choix de la version AllSeason répond aussi à l’incertitude des conditions que nous rencontrerons. En quinze jours, entre le nord de l’Europe, les pays baltes, l’Europe centrale et les Alpes, nous devrons composer avec des revêtements très différents et probablement une météo changeante. Il fallait donc un pneu performant, mais aussi rassurant, capable d’encaisser des routes imparfaites et des journées exposées.

Le montage tubeless apporte enfin une marge de sécurité supplémentaire. Il permet de rouler avec des pressions plus adaptées, d’améliorer le confort et de limiter le risque d’arrêt prolongé en cas de petite perforation. Sur une traversée de plus de 5 000 kilomètres, chaque détail qui réduit les aléas compte !

Pédales SPD, selle Specialized, cintre Ergomax : les choix du confort utile

Certains choix peuvent sembler secondaires, mais ils deviennent essentiels lorsque l’on parle de quinze jours d’ultra-distance.

Les pédales SPD sont pour moi une évidence. Elles permettent de marcher correctement lors des arrêts, d’entrer dans une supérette, de traverser une gare, de pousser le vélo si nécessaire, ou simplement de gérer les moments hors selle avec plus de confort. C’est moins “route pure”, mais beaucoup plus adapté à la réalité d’un voyage rapide à vélo.

La selle Specialized Power est un autre point important. J’ai mis beaucoup de temps à trouver la selle qui me convenait car sur une telle durée, la selle n’est pas un détail. C’est même l’un des premiers facteurs de réussite. Trouver un modèle qui convient, qui limite les gênes et permet d’enchaîner les longues journées n’est pas simple. J’ai fait le choix de celle-ci car elle est plus large que celles que j’utilisais auparavant, plus courte et malgré tout, suffisamment rigide.

Le cintre Ergomax complète cette logique. Plutôt typé cintre gravel, il apporte du confort, de la stabilité et plusieurs positions utiles pour soulager les mains, les épaules, les cervicales et le dos. Combiné avec les prolongateurs que j’ai longtemps hésité à prendre, je dispose de nombreuses options pour multiplier les appuis et conserver une position supportable dans la durée même si c’est au prix de quelques centaines de grammes supplémentaires !

Une bagagerie panachée, pensée pour l’équilibre

Pour la bagagerie, j’ai choisi de ne pas partir sur un ensemble uniforme, mais de panacher les solutions que j’avais déjà afin d’optimiser le poids, l’ajustement et la place disponible, sans pour autant voir trop large.

L’objectif est simple : emporter ce qu’il faut, mais pas plus. Avoir assez de volume pour gérer quinze jours d’autonomie tout en conservant un vélo stable et agréable à piloter.

À l’arrière, j’utiliserai une sacoche de selle Ortlieb Seat-Pack de 16,5 litres. C’est le volume principal, destiné aux éléments les plus volumineux : vêtements, protections contre le froid ou la pluie, affaires de repos, éléments que l’on n’a pas besoin de sortir toutes les heures. Le but ne sera pas d’utiliser toute la capacité mais d’avoir une marge en cas de nécessité ou lorsque dans la précipitation on ne peut pas ajuster aussi bien qu’au repos le contenu de la sacoche.

Sur le tube horizontal, je dispose de deux sacoches Zefal Z Adventure :

Ces deux volumes moyens seront précieux pour organiser le matériel plus dense ou plus accessible : alimentation, batterie, câbles, petit outillage, éléments de réparation, pharmacie minimale, objets du quotidien. Leur position centrale permet aussi de mieux répartir la charge et de ne pas tout concentrer à l’arrière.

À l’avant, j’ai finalement remplacé la petite sacoche de guidon initialement envisagée par une Cyclite Handle Bar Aero Bag de 4,5 litres, fixée sous les prolongateurs. Ce choix permet d’exploiter pleinement l’espace disponible à l’avant, sans trop perturber le poste de pilotage. La sacoche vient compléter le volume global tout en faisant office de « boîte à gants » pour y glisser rapidement de la nourriture ou un vêtement.

Au total, cette organisation me donne une capacité suffisante, mais volontairement contenue pour ne prendre que ce dont j’ai besoin.

Un vélo pensé pour durer quinze jours

Au final, ce montage n’a pas été construit pour chercher l’extrême. Il n’est pas le plus radical, ni le plus léger possible, ni le plus spectaculaire sur le papier. Il est pensé pour une chose : aller loin.

Rouler longtemps. Repartir chaque matin. Encaisser les changements de météo. Rester efficace malgré la fatigue. Garder du confort. Limiter les risques. Faire confiance au matériel quand l’esprit et le corps seront déjà largement sollicités par l’aventure.

Avec ce Graxx GTR, ces Orion Pro 35, les Continental GP 5000 AS TR en 32, une bagagerie sobre mais bien répartie, et des choix guidés par l’expérience plus que par l’effet de mode, j’ai le sentiment d’avoir construit un vélo cohérent avec ce que sera Cap Nord–Nice.

Le matériel ne fera pas l’aventure à notre place. Mais il peut nous permettre de la vivre pleinement, avec confiance…